CHERCHER >>
 

   
 
La réglementation / Surveillance et contrôles / Les différents milieux
L'air

 Si l’on connaît aujourd’hui la contamination par les résidus de pesticides de l’eau des réseaux publics, des denrées alimentaires… la contamination de l’air reste peu documentée.



Il est toutefois admis que l’atmosphère joue un rôle important dans la dissémination et la contamination de l’environnement par les pesticides, aux échelles locales, régionales et même globale. En effet, ces substances vont pouvoir être transportées, transformées dans le compartiment aérien avant de se déposer quelques fois sur des zones très éloignées des sources d’émissions.

 

 Les données bibliographiques mentionnent, dès les années 60, une contamination de l'atmosphère et plus précisement les eaux de pluie par les pesticides dans de nombreuses régions du Monde. En France, la prise en compte de cette problématique est plus récente et il faudra attendre les travaux d'équipes de Recherche pour que soit mise en évidence la contamination des pluies à Paris, en Bretagne et en Alsace.

 

Il n'existe pas de réglementation spécifique relative à la surveillance des pesticides dans l'air. Toutefois, dès 2000, quelques associations agréées de surveillance de la qualité de l'air (AASQA) ont mise en place des campagnes spécifiques de mesure des pesticides dans l'air.

 

Un groupe d'apprentissage sur la mesure des pesticides dans l'air a été créé en 2002, pour une période de deux ans. Ce groupe comprenait des représentants des AASQA et du laboratoire central de surveillance de la qualité de l'air (LCSQA), ainsi que l'agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME). Le groupe avait l'objectif de développer les outils nécessaires à la mesure des pesticides dans l'air. Il a eu également une fonction d'échanges d'expérience entre acteurs impliqués dans ces travaux. Le travail à réaliser comprenait notamment des méthodologies de prélèvement et d'analyse, la définition de scénarii d'échantillonnage, la mise en commun des résultats, des travaux de veille bibliographique, et les conditions de communication des résultats.

 

Par ailleurs, certains auteurs ont suggéré que les eaux de pluie soient utilisées comme indicateur des niveaux de contamination de l'atmosphère par les pesticides. La collecte des précipitations est simple et l'on dispose aujourd'hui de techniques d'analyses extrêmement fines pour rechercher et quantifier un grand nombre de composés à des concentrations très faibles de l'ordre de quelques nanogrammes par litre (un milliardième de gramme). Ainsi, les études descriptives des niveaux de contamination des pluies par les produits phytosanitaires se sont multipliées ces dernières années . Si l'on perçoit aisément que les niveaux de concentrations en pesticides dans les pluies sont représentatifs des niveaux de concentration des pesticides dans le compartiment aérien, il faut encore décrire avec précision les liens qui existent entre les deux. C’est à ce prix que l'on pourra faire des eaux de pluie un indicateur pertinent et fiable de la contamination atmosphérique par ces substances.