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Les études en cours / L'environnement
Introduction

Même si le chlordécone n’est plus appliqué depuis 1993, la contamination des sols, des sédiments et des eaux de la Guadeloupe et de la Martinique par ce pesticide est encore bien marquée et cette molécule demeure la plus persistante parmi les organochlorées anciennement utilisés (Hexachlorocyclohexane, dieldrine, aldrine).


La contamination des sols est durable car il n’existe pas de dégradation apparente de la molécule et le lessivage par les eaux est faible. La teneur des eaux de drainage est  cohérente avec celle mesurée dans les sols. Dans les eaux de ruissellement, la concentration en chlordécone est faible. Ainsi, le transfert inter-parcellaire est négligeable si le ruissellement ne transporte pas de particules terreuses. Le chlordécone est donc retrouvé exactement là où il a été appliqué autrefois. Les mécanismes de fixation et de mobilisation de la molécule dans les sols tropicaux restent cependant à étudier.


Des concentrations plus élevées qu’en Martinique ont été mesurées en Guadeloupe sur les 30 premiers centimètres de sol. Ces différences de concentrations s’expliquent par une proportion importante de sols de bananeraies pérennes en Guadeloupe non labourés depuis plusieurs décennies. Le chlordécone reste ainsi concentré dans les couches superficielles du sol. La totalité des analyses réalisées pour la Martinique ont quand à elles été réalisées sur des sols ayant autrefois subi des labours profonds (60–70 cm). Le chlordécone a ainsi été dispersé au-delà des 30 premiers centimètres.


Le chlordécone contamine également les végétaux. Cette contamination concerne toutes les parties de la plante mais plus particulièrement les organes souterrains (racines et tubercules) qui présentent des teneurs plus élevées de chlordécone. En l’absence de chlordécone dans le sol, les plantes cultivées restent indemnes de toute contamination. L’inventaire des niveaux de contamination potentiels reste cependant à élargir pour l’ensemble des productions.

Des travaux sont actuellement en cours afin de mieux appréhender la dynamique de la molécule dans les sols, de déterminer les mécanismes de transfert sol/plante et dans les végétaux eux-mêmes et de mettre en place des méthodologies analytiques innovantes. Des études sont également conduites sur la décontamination des sols et sur leur reconversion potentielle.