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La santé / Les expositions / La population générale
Principales denrées vectrices

Malgré son interdiction en 1993, du fait de sa forte persistance, le chlordécone est toujours présent dans les sols de Martinique et de Guadeloupe. Cette contamination des sols conduit à une accumulation de la molécule dans les légumes (notamment racines) qui y sont cultivées. Ainsi, la principale voie d’exposition au chlordécone en population générale est l’ingestion par le biais de denrées ou d’eau contaminée.

 

Les enquêtes Reso conduites en Martinique et en Guadeloupe ont permis de mesurer le chlordécone dans les denrées alimentaires. Elles indiquent que la contamination globale des aliments analysés est de 11,1 %. Parmi les denrées d’origine végétales les plus fréquemment contaminés figurent les légumes racines (18,4 %) et certains cucurbitacées (entre 11,3 % et 15,7 %). Ces études mettent par ailleurs en évidence une contamination des aliments plus étendue que celle des principales denrées vectrices citées précédemment. Il s’agit de certains légumes aériens (avocats, oignons pays), de certains fruits (mangue, corossol, canne à sucre). Les niveaux de contamination de ces denrées sont cependant plus faibles. Parmi les produits animaux les plus fréquemment contaminés par le chlordécone figurent les produits de la mer et les produits d’eau douce (entre 13,5 % et 27,1 % des denrées analysées). Le chlordécone a par ailleurs été détecté dans certains produits laitiers (yaourt) et certaines viandes (abats, charcuterie, boudin antillais).

 

Les aliments identifiés comme principaux contributeurs à l’exposition chronique au chlordécone en consommation régulière sont : le dachine (ou madère), la patate douce, l’igname, la carotte, le chou caraïbe (malanga), les produits de la mer, la banane tinain et fruit, le concombre et certains types de fruits (pommes cannelle, pommes d’eau, quenette, surette et corossol). Les légumes racines et les produits de la mer contribuent à l’exposition chronique au chlordécone du fait de leur niveau de contamination élevé. Les concombres, les bananes tinain et certaines familles de fruits, constituent aussi des denrées vectrices du fait de leur forte consommation.

 

La tomate, le melon et la viande de poulet précédemment identifiés comme principaux contributeurs ne ressortent plus comme tels. En effet les dernières analyses réalisées mettent en évidence des niveaux de contamination moins élevés qu’ils n’avaient été initialement estimés.

 

Par ailleurs quatre aliments sont identifiés au regard du risque d’exposition aiguë. Il s’agit du chou caraïbe, de la dachine, de la patate douce et des produits d’eau douce.