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Les expositions

Une première estimation de l’exposition de la population antillaise a été réalisée en août 2005 à partir des données de l’enquête de consommation Escal et des données de contamination des aliments collectées par le biais des plans de surveillance et de contrôle des administrations (DSV, SPV, DCCRF, DSDS) réalisés entre 2002 et 2004 et d’autres études spécifiques pilotées par d’autres organismes comme l’Ifremer. L’évaluation de l’exposition alimentaire de la population antillaise  au chlordécone a depuis été actualisée sur la base de nouvelles données. Ainsi, l’enquête de consommation Calbas, réalisée en 2005 par la Cire Antilles-Guyane, a permis de caractériser les habitudes de consommation et d’approvisionnement de la population guadeloupéenne. Les enquêtes Reso, réalisées en partenariat entre la Cire Antilles-Guyane et l’Afssa, ont quant à elles précisé précisé les niveaux de contamination des aliments disponibles dans les circuits de distribution, aussi bien en Martinique qu’en Guadeloupe.

Depuis 2002, l'Anses est mobilisée sur l'évaluation des risques alimentaires liés au chlordécone. Dans le cadre de ses travaux, l'Agence a notamment souligné l'importance de caractériser l'exposition alimentaire du jeune enfant antillais durant la phase de diversification alimentaire et l'éventuel impact de cette exposition sur le développement. Ainsi, dans le cadre de l'étude de cohorte mère-enfant « Timoun » menée par l'Inserm, l'Anses a conduit une enquête sur les habitudes de consommation alimentaire des enfants Guadeloupéens de 18 mois. Grâce à ces données, elle a été en mesure de caractériser finement leur exposition au chlordécone et d'identifier les principaux aliments vecteurs de l'exposition.

 


Des expositions inférieures aux seuils tolérables au plan toxicologique

Les niveaux estimés d'exposition chronique des enfants guadeloupéens âgés de 18 mois ne montrent pas de dépassement de la limite tolérable au plan toxicologique. Ils sont moins élevés que ceux précédemment estimés pour des tranches d'âge supérieures. Ces observations s'expliquent par la spécificité du régime alimentaire des enfants de 18 mois qui, malgré le début de la diversification, reste encore bien distinct du régime du reste de la population : leur alimentation principale reste le lait, représentant 68% de la consommation totale, et ils ne consomment pas encore ou peu certains aliments contaminés par le chlordécone.

Concernant l'exposition à court terme des enfants de 18 mois, des dépassements de la limite tolérable ne sont observés que pour le dachine, et ce uniquement lorsque que cet aliment est contaminé aux valeurs les plus élevées observées dans le cadre des études RESO, menées avant l'entrée en vigueur de la réglementation établissant des teneurs maximales dans les denrées. Il est observé que l'application de cette réglementation a eu pour conséquence le non dépassement des limites tolérables au plan toxicologique. Ces estimations montrent donc l'importance du respect des arrêtés actuellement en vigueur (par exemple, arrêté d'interdiction de la pêche dans les zones contaminées) et du contrôle de la qualité sanitaire des produits mis sur le marché.

 


De nouvelles pistes de travail identifiées

A l'occasion de ce travail centré sur l'exposition des enfants de 18 mois, l'Anses a comparé les niveaux d'exposition pour des enfants de différentes classes d'âge. Ce sont les 3-5 ans qui ont l'exposition la plus forte. La connaissance des habitudes de consommation alimentaire des 3-5 ans ne reposant que sur un nombre de données restreintes, l'Anses considère qu'il convient d'acquérir des données complémentaires sur des effectifs plus importants afin de mieux caractériser l'exposition de cette population. Ces études seront menées dans le cadre du plan chlordecone 2 (2011-2013).
Enfin, les résultats de l'étude épidémiologique Timoun sont en cours d'exploitation par l'Inserm en vue de caractériser l'éventuel impact du chlordécone sur le développement de l'enfant. Les conclusions de cette étude permettront à l'Anses d'actualiser la caractérisation des dangers liés au chlordécone. En conséquence, le risque lié à l'exposition des enfants à cette substance pourrait être réévalué. 

 

 Télécharger le rapport  

 

 

En savoir plus :

 

Anses : consulter le site 

 

Ifremer : consulter le site  

 

Inserm : consulter le site