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Chlordécone / L'historique
Rappel

 La culture de la banane en Martinique et en Guadeloupe s’est développée dans la seconde moitié du XXeme siècle. Bénéficiant de larges débouchés sur le marché métropolitain, elle a constitué une bonne alternative pour faire face à la crise du marché du sucre. La présence du charançon « Cosmopolites sordidus », insecte qui s'attaque aux pieds des bananiers a entrainé le recours à l’emploi des produits insecticides. Le chlordécone, pesticide organochloré autorisé de 1972 à 1993 a été ainsi utilisé de manière quasi systématique sur la sole bananière en Guadeloupe comme en Martinique.

En France, une autorisation provisoire d’utilisation du Képone® (préparation contenant 5 % de chlordécone) est accordée en 1972. Ce produit est utilisé sous forme de poudre et appliqué au pied des bananiers à raison de 30 gr par pied deux fois par an. Le Képone® était fabriqué aux USA. Sa production  prend fin le 28 juillet 1975 avec la fermeture de l'usine de Hopwell (Virginie). Aux USA, la distribution, la vente et l'usage des stocks de Kepone® ont été autorisées jusqu'au 11 mai 1977 et interdits ensuite uniquement dans le cas où l'application du produit le rendait accessible (épandage de surface). Dans le cas où le produit était inaccessible (pièges enfouis, appâts cachés), l'autorisation d'usage du Kepone® a été maintenue jusqu'à épuisement des stocks.


 Aux Antilles, en 1979 et 1980, à la suite d’évènement climatiques exceptionnels (cyclones David et Allen), les plantations de bananes sont durement touchées et subissent une pression parasitaire très forte. Dans le cadre d’un programme de restauration des plantations et face à l’épuisement des stocks de Képone®, les professionnels demandent la réintroduction de ce pesticide. Fin 1981, le ministère de l’agriculture accorde une autorisation de mise sur le marché pour le Curlone®, spécialité contenant également 5 % de chlordécone. Son usage est limité à la lutte contre le charançon du bananier. Cependant, la persistance des organochlorés dans l’environnement et leur toxicité pour certains organismes vivants avait conduit à l’interdiction de leur utilisation en agriculture. Le Curlone® est finalement retiré du marché le 1er février 1990. Néanmoins, après l’arrêt d’autorisation de vente, deux dérogations sucessives autorisent l’usage de Curlone® dans les DOM jusqu’en septembre 1993. Au total, près de 300 tonnes de chlordécone (soit 6000 tonnes de Curlone®) ont ainsi été utilisées aux Antilles entre 1981 et 1993.