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Les Antilles

 Le chlordécone est un pesticide organochloré polluant persistant, pouvant se concentrer dans les organismes vivants. Il est aujourd'hui considéré comme un cancérogène possible et un perturbateur endocrinien potentiel chez l’homme. Il a été utilisé durant de nombreuses années dans les départements français des Antilles pour lutter contre le charançon du bananier.



Aux Etats-Unis, la production de chlordécone prend fin le 28 juillet 1975 avec la fermeture de l'usine de Hopwell (Virginie). La distribution, la vente et l'usage des stocks de Kepone® ont été autorisées jusqu'au 11 mai 1977 et interdits ensuite uniquement dans le cas où l'application du produit le rendait  accessible (épandage de surface). Dans le cas où le produit était inaccessible (pièges enfouis, appâts cachés), l'autorisation d'usage du Kepone®  a été maintenue jusqu'à épuisement des stocks.

 

En France, une autorisation provisoire de vente d’un an est accordée pour le Kepone® en 1972. L’autorisation de mise sur le marché du Curlone® (produit contenant 5 % de chlordécone) est délivrée en décembre 1981, après réinstruction du dossier suite aux cyclones de 1979 et 1980 ayant rendu les bananeraies plus vulnérables aux charançons. La commission d’étude de la toxicité propose, le 7 septembre 1989, d’interdire l’emploi du chlordécone pour le traitement des bananiers sauf en cas de besoin impératif, au motif qu’il n’est pas possible d’obtenir la mise à jour du dossier. Le 13 décembre 1989, après confirmation de la disponibilité d’autres produits pour lutter contre le charançon du bananier, cette commission propose d’accorder un délai de deux ans pour écouler les stocks existants. Le retrait d’homologation du Curlone est prononcé en février 1990. Son utilisation est permise jusqu’au 29 février 1992, et est prolongée par deux dérogations successives jusqu’au 28 février 1993, puis jusqu’au 30 septembre 1993.

 

Vu sa persistance de plusieurs dizaines d’années dans les sols, le chlordécone peut être retrouvé dans certaines denrées animales et végétales cultivées sur des sols contaminés mais aussi dans l’eau puis dans la chaîne alimentaire. La superficie de terres potentiellement contaminées aux Antilles françaises est de l’ordre de 20 à 30 000 hectares, essentiellement sous d'anciennes bananeraies dont certaines ont été rendues à la culture vivrière. Depuis les arrêtés préfectoraux de 2003, il est demandé aux exploitants agricoles de procéder à des analyses de sols préalablement à la mise en culture de productions végétales sensibles au transfert du chlordécone depuis le sol (par exemple les patates douces), complétées si nécessaire par des analyses sur les récoltes avant leur commercialisation.

 

Le contrôle des produits est applicable aux produits commercialisés, mais ne l’est pas aux produits à usage familial. En conséquence, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) préconise de limiter la consommation de quelques produits cultivés dans les jardins en zone potentiellement contaminée et apparaissant comme fortement contributeurs de l’exposition.

Les risques liés à cette contamination constituent un enjeu sanitaire, environnemental, agricole, économique et social, inscrit dans le Plan national santé environnement (PNSE, action n°12) , adopté par le gouvernement en juin 2004. Cet enjeu mobilise l’Etat et ses opérateurs, au niveau national et au sein de plans locaux lancés par les préfets avec l’appui des comités de bassin dès 1999. Le suivi et le renforcement de ces derniers sont assurés en Guadeloupe par le Groupe régional d’étude des pollutions par les produits phytosanitaires (Grepp) et en Martinique par le groupe régional phytosanitaire (Grephy).

 

En octobre 2007, le Pr Didier Houssin, Directeur général de la santé, a été chargé de coordonner l’action des services gouvernementaux pour renforcer les actions concernant la pollution par le chlordécone et élargir le plan à toutes les mesures permettant d’améliorer directement ou indirectement la qualité de l’alimentation et des milieux.

 

Le plan d’action chlordécone établi pour la période 2008-2010  fixe les quatre objectifs suivants :

 

 améliorer la surveillance de l’environnement et de l’état de santé de la population, 
  continuer à réduire l’exposition de la population au chlordécone, 
 proposer les mesures d’accompagnement nécessaires en agriculture, 
  améliorer la surveillance des sols et produits des jardins familiaux.

 

Il comporte de plus un axe de communication, afin de permettre à la population antillaise d’accéder à toutes les informations utiles sur l’environnement, la santé, et les aliments, dans une totale transparence.

 

 

En savoir plus :

Arrêté du préfet de la Martinique relatif à l'analyse de sols (mars 2003) 

 

Arrêté du préfet de la Guadeloupe relatif aux analyses de sols (octobre 2003)

 

Plan national santé environnement 2004-2008 (PNSE)

 

Plan d’action chlordécone 2008-2010

 

Afssa : consulter le site 

 

Grepp : consulter le site  

 

Grephy : consulter le site