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La santé / Les travaux du CS santé / Les recommandations
Les recommandations en matière de recherche étiologique

Les connaissances sur la toxicité du chlordécone sont bien plus importantes que pour de nombreuses autres substances chimiques. Cependant, elles résultent, en grande partie, de travaux maintenant anciens.


Dans l’ensemble, il est nécessaire de hiérarchiser la multitude des mécanismes toxiques qui ont été rapportés et de vérifier leur conservation chez l’Homme, d’explorer les effets à faible dose et de se préoccuper de cibles toxiques négligées au moment où la plupart des travaux ont été réalisés. La recherche toxicologique sur le chlordécone est importante d’une part, pour tester des effets soupçonnés de cette molécule chez l’Homme et, d’autre part, parce que ce composé représente un modèle de toxique organochloré pour lequel des informations sont déjà disponibles chez l’Homme et chez l’Animal.

 

Les études épidémiologiques portant sur le chlordécone ont été restreintes dans le passé à celles, essentiellement descriptives, consécutives à l’exposition industrielle de Hopewell, ce qui conduit à recommander de poursuivre la recherche épidémiologique.


Recommandation 1 : développer la recherche toxicologique. Un programme pluriannuel de recherches toxicologiques devrait être mis en place afin de permettre à des équipes compétentes, disposant d’outils méthodologiques performants, de répondre à de nombreuses questions en suspens.


Recommandation 2 : poursuivre et renforcer la recherche épidémiologique. Un programme pluriannuel de recherches épidémiologiques devrait être mis en place pour explorer les causes d’un certain nombre de maladies suspectées d’être en lien avec le chlordécone. Des études portant sur le cancer de la prostate (Karuprostate) et sur le développement intra-utérin et post-natal (Timoun) sont actuellement en cours. Il est nécessaire d’attendre les résultats de ces études, d’autant qu’elles pourraient suggérer des nouvelles pistes et hypothèses à tester ultérieurement.

 

Toutefois, le Conseil scientifique rappelle qu’aucune étude épidémiologique, même de grande qualité, ne peut à elle seule établir un niveau de preuve parfait. Les conclusions causales doivent toujours être tirées à l’aune de l’ensemble des données scientifiques disponibles. Par ailleurs, compte tenu des éléments fournis par les études toxicologiques disponibles et à venir (recommandation n° 1), mais aussi des niveaux d’exposition des populations antillaises au chlordécone ainsi que de la durée prévisible de cette exposition, des études épidémiologiques supplémentaires sont et seront justifiées en fonction des avancées dans la connaissance. Il est essentiel que les ressources soient disponibles pour ce faire.

 

Retrouver l'intégralité des recommandations du CS santé dans son rapport 

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