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Effets aigus

Les pesticides peuvent avoir des effets aigus et/ou chroniques. Les principales connaissances sur les effets aigus des pesticides chez l’homme – c'est-à-dire se manifestant rapidement après exposition – sont issues d’observations rapportées en milieu professionnel et des cas d’intoxications documentés par les centres antipoison.


Les pesticides peuvent pénétrer dans l'organisme par contact cutané, par ingestion et par inhalation. Les manifestations peuvent se limiter à des signes locaux : irritations cutanéo-muqueuses, réactions allergiques cutanées ou oculaires, vomissements, toux, gène respiratoire ou bien traduire l’atteinte d’un ou plusieurs organes ou systèmes : foie, rein, système nerveux central… On parle alors d’effets systémiques. L'intoxication massive peut avoir des conséquences graves, parfois mortelle.

 

Surveillance des cas d'intoxications par les pesticides

En 1999, une enquête de la Mutualité sociale Agricole (MSA) a montré qu’un utilisateur de produits phytopharmaceutiques sur 5 a ressenti des troubles (irritations de la peau, problèmes respiratoires, vomissements, maux de tête…) au moins une fois dans l’année écoulée. Il est souvent difficile d’établir un lien entre les troubles rapportés et les produits phytosanitaires car ces professionnels sont exposés à des mélanges ; de plus toutes les victimes n’ont pas le réflexe de signaler leurs symptômes, ce qui entraîne certainement une sous-estimation de l’incidence de ces effets adverses.

Depuis 2004, la MSA met à disposition des utilisateurs de produits phytosanitaires un numéro vert qui leur permet de signaler leurs symptômes, gratuitement et de manière anonyme: le 0 800 887 887.

Phyt’Attitude est un outil majeur de connaissance des effets des produits phytopharmaceutiques chez l’homme. Il permet ainsi de repérer les produits les plus fréquemment mis en cause.

Le dispositif Phyt’Attitude, repose sur un réseau de spécialistes : médecins du travail, conseillers en prévention et experts toxicologues, chargés de recenser, analyser et valider les informations sur les troubles de la santé liés à l’utilisation professionnelle des phytosanitaires : symptômes ressentis pendant ou après traitement, circonstances d’utilisation de ces produits.

Basé sur les observations 2002-2003, le dernier bilan montre que deux fois sur trois les produits phytopharmaceutiques sont à l’origine des troubles signalés. Les plus dangereux en matière d’intoxication sont les produits classés réglementairement toxiques T et T+. Les pesticides organophosphorés et les carbamates anticholinestérasiques sont à l’origine des cas d’intoxications les plus fréquents.

Les troubles observés concernent principalement les muqueuses et la peau (40 % des cas étudiés), le système digestif (34 % des cas), le système respiratoire (20 %), puis le reste de l'organisme (24 %). À la suite de ces incidents lors du travail agricole, plus des deux tiers des victimes ont dû consulter un médecin. Parmi les utilisateurs recensés dans cette banque de données de la MSA, 13 % font état d'une hospitalisation consécutive à l'utilisation de produits phytosanitaires et 27 % ont du recourir à un arrêt de travail momentané. 

Les centres anti-poison et de toxicovigilance (CAP-TV) recueillent un grand nombre d’intoxications par les pesticides. Elles représentent, selon les centres, de 3 à 8 % de leur activité soit 5 000 à 10 000 cas annuels en France. Les jeunes enfants sont aussi fréquemment victimes d’intoxications par les pesticides,
 à la suite d’ingestions accidentelles ou après contact cutané ou oculaire.


Consultez le bilan 2002-2003 du réseau Phyt'Attitude

Consultez le bilan 2005-2006 du réseau Phyt'attitude